samedi 27 juillet 2013

Lucknow



Roomi Darwaza, une porte de la ville.



J’ai connu Lucknow un peu par hasard, il y a deux ans. Un ami de l’ambassade, Philippe, m’en avait parlé en me montrant un livre préfacé par le mécène et entrepreneur français naturalisé indien Francis Wacziarg. Les silhouettes élégantes que dessinaient les palais, les mausolées et les mosquées au soleil couchant m’avaient plu et je décidai qu’un jour je devais aller à Lucknow. Cette envie fut renforcée après mes quelques lectures sur le royaume d’Awadh et le visionage du magnifique film de Satyajit Ray, Les Joueurs d’Échecs, tourné dans la vieille ville. Celle-ci était à 6 heures de mon étape à Delhi et on atteignait Calcutta, l’étape suivante, en 20 heures en train et j’ai donc ajouté la ville à mon itinéraire, plutôt que Varanasi (il fallait faire des choix et je me suis dit que je finirais par voir la perle du Gange un jour!).

Nous nous sommes un peu inquiétés en ne voyant pas la destination sur le Routard, ni sur aucun autre guide français (quelques pages sur le Lonely Planet à l’hôtel, qui nous confortent dans notre idée que ce guide est peut-être le plus complet pour l’Inde), et nous avons un moment pensé que nous passerions notre temps à dormir dans un bon hôtel...
Une ancienne collègue, revue lors du séjour à Delhi nous a alors justement donné la carte d’un hôtel 4 étoiles, le La Place, Sarovar Portico, ce qui nous arrangeait parce que le séjour à Delhi avait été assez épouvantable, et nous avait dit que pour elle, le Bara Imambara était plus beau que le Taj Mahal, ce qui nous a rassurés. Cependant, la découverte de cette ancienne capitale chiite mondiale devenue ensuite un des joyaux de l’Empire de la perfide Albion a été une expérience incroyable.

Pour le Sarovar Portico, il faut savoir qu’une réservation par internet fait économiser 50 %... Dès qu’on l’a su, on est parti chercher une connexion internet et on est revenu (la classe absolue, mais enfin, à qui va la palme de l’absurdité?).
Bureau de poste colonial.

Les déplacements dans la ville ne coûtent pas cher (comme sur tout le reste sauf l’hôtel) sur les petites distances (moins de 2 km), et alors, il faut utiliser un rickshaw vélo (20 roupies). Ensuite, il faut donner un bonus selon la pénibilité du chemin, le poids des passagers etc (si on donne 50, il sont très contents). Au delà de 2 kilomètres, c’est le rickshaw simple (une règle simple, 25 INR sur les deux premiers kilomètres, 10 par kilomètre supplémentaire engagé - white skin tax comprise dans la méthode de calcul). 

En explorant une ville comme Lucknow, on a un aperçu assez global de tout ce qui a pu se passer en Inde à partir du XIXème siècle. La ville est en effet pleine de lieux de mémoire superbement conservés qui nous aident à y voir plus clair et à trouver une cohérence à l’histoire contemporaine de l’Inde.

Commençons par la période précoloniale. À cette époque, le royaume d’Awadh (Oudh en anglais), est un royaume puissant et prospère. Il s’émancipe progressivement de l’empire moghol, en profitant de la décadence de ce dernier et commence à vouloir briller autant que Delhi et Agra. Sa capitale nouvelle, Lucknow, devient alors un centre architectural et artistique important en plus d’être déjà une des capitale mondiales du chiisme. Le chiisme est présent partout en ville, et bien que les musulmans soient devenus minoritaires (33%) depuis que la ville se développe à une vitesse phénoménale et attire des indiens venus de loin, l’art religieux musulman imprègne la ville et lui donne une atmosphère particulière, bien différente du reste des villes du sous-continent. La vie y est comme rythmée par les appels à la prière. Les chiites vénèrent des «Imambara», des complexes comprenant une mosquée, parfois des palais, mais surtout de beaux monuments ornementés abritant des répliques du mausolée d’Ali à Kerbala, Ali étant le sultan légitime selon les chiites. Celles-ci sont saintes, elles peuvent être en carton comme en argent incrusté de pierres précieuses et sont promenées dans la ville lors des grandes fêtes. Outre les portes sculptées monumentales, ce sont surtout ces Imambaras qui constituent le principal intérêt de la ville. Ceux ci peuvent être de minuscules structures cachées dans les rues, où des ensembles plus monumentaux et à visée prestigieuse (souvent les Nawabs leur faisaient des cadeaux décoratifs comme des pendules de Paris, des tapis de Perse ou des luminaires de Belgique en cristal).
Chhota Imambara

L’Imambara le plus impressionnant est le «Gros Imambara», ou Bara Imambara. Après une porte monumentale on entre dans un petit espace avec un jardin, qui mène à une seconde porte. De là, on voit déjà poindre les immenses minarets de la mosquée, ainsi que les sommets des bulbes qui la couronnent. La beauté vous saisie dès lors que l’on passe la seconde porte. En face, un immense palais à la façade sculptée se tient fièrement, à gauche, un passage mène à un puit sculpté qui était aussi un palais, et à droite, la fière mosquée se dresse. L’ensemble est vraiment magnifique. Le palais est immense, il abrite des objets précieux qui sont des témoins de la gloire passée des Nawabs de Lucknow. On accède au toit par un passage sur le côté; en fait, il s’agit d’un labyrinthe conçu comme tel, sur plusieurs étages, avec des escaliers et des galeries, qui mènent à des promontoires, à des terrasses, à des balcons donnant sur le vide et qui donnent alors un aperçu grandiose de la ville ou du site, ou à des balcons et des galeries donnant sur l’intérieur du bâtiment, et que nous avions vu depuis le sol. Je me rappelle que nous avons passé trois heures à visiter ce labyrinthe, et à trouver l’escalier étroit qui mène aux balconnets intérieurs. Parfois, une lampe de poche devenait nécessaire. Il était de même nécessaire de progresser lentement, pour ne pas rater les petits passages qui semblent avoir été cachés à dessein, et pour éviter de se retrouver trop près du vide au détour d’un couloir.Voici quelques photos:


Il y a dans la ville beaucoup d’autres Imambaras, comme le Chhota Imambara, plus petit mais richement orné, et d’autres, sur lesquels on tombe au hasard, en se promenant dans un ruelle pleine de bâtiments coloniaux décrépis et en décidant de tourner à gauche ou à droite. Les Imambaras sont la fierté des habitants, tous différents, ils sont aussi richement décorés et entretenus.
 
Chhota Imambara
À cette couche pré-coloniale se rajoute une couche coloniale, que l’on repère assez facilement dans toute la ville, mais en particulier autour du quartier d’Hazratganj. Les anglais s’installent à Lucknow à la toute fin du 18ème siècle, le Nawab d’alors acceptant d’héberger un «résident permanent de la compagnie» dans une résidence donc, qui était plus un petit village ceint de ses murailles. La compagnie devient le suzerain d’Awadh, et elle s’immisce de plus en plus dans les affaires d’Awadh et prélève un lourd impôt. Elle convoite aussi les terres fertiles du royaume et ses grandes richesses. Prétextant, comme avec les autres royaumes qu’elle a annexés, que l’Awadh était mal géré et que le peuple n’était pas content (règle d’annexion du misruling), elle envahit le territoire et dépossède le roi. Les événements susmentionnés sont très bien contés dans Les Joueurs d’Échec de Satyajit Ray. Le Nawab d’alors avait déposé les armes sans se battre, un sentiment d’injustice est resté au sein du peuple - petit peuple et élites. En 1857, éclate la révolte des Cipayes qu’une historiographie nationaliste indienne vante comme la «première guerre d’indépendance indienne» (vous pouvez y ajouter des adjectifs plus ou moins pompeux, comme glorieuse). Néanmoins, la vision d’une guerre marquée par l’opposition des indiens en un bloc contre les anglais est fausse: ce sont surtout des États de la plaine gangétique, dont Awadh et l’Empire Moghol, qui entrent en guerre contre les anglais. De même, la compagnie Anglaise n’est pas seule à affronter deux empires, une multitude de royaumes, ainsi que ses propres troupes mutinées (les Cipayes) qui ont commencé cette rébellion à cause du moment traitement, du manque d’avancement et de cartouches à base de suif qui ont été de trop (les troupes étaient alors essentiellement constituées de brahmanes végétariens et de musulmans, les anglais devaient éviter à l’avenir de pareilles troupes et leur préférer des peuples restés fidèles durant la rébellion, comme les Sikhs). Elle a avec elle une myriade d’empires et de royaumes qui préfèrent avoir des maîtres Anglais que Moghols, comme les Sikhs encore une fois. Quant au sud du pays, pas d’agitation (les indiens -hors élites et indiens du nord- ne se voyaient pas alors comme un peuple uni), si bien que les troupes de Cipayes à Chennai seront envoyés au nord pour venir en aide aux troupes anglaises débordées et assiégées, le temps pour un corps expéditionnaire d’arriver d’Angleterre.

En quoi cette histoire concerne t-elle notre belle Lucknow? C’est qu’un des bâtiments coloniaux les plus importants de la ville est la résidence, le palais des premiers anglais. Au début de la révolte des Cipayes, les anglais se font massacrer lors de «pogroms» dont la consigne est plutôt claire. Les survivants de l’Uttar Pradesh se réfugient à Lucknow, dans la résidence, qui va tenir un siège de 6 mois avant d’être «soulagée»  par les renforts, puis libérée quelques mois après. Les bâtiments en ruines, où l’on voit les traces de canons, sont pleins d’histoire et on s’y promène des heures, en collectant les anecdotes. Voici quelques photos de la
résidence.

La ville possède de même de nombreux autres sites coloniaux intéressants, qui se découvrent en flânant dans la ville, en allant par curiosité s’intéresser à d’imposants bâtiments so british. Ne loupez pas le zoo et l’impressionnant musée municipal qui s’y trouve...

Le dernier bâtiment qui vaut vraiment le détour est La Martinière, il s’agit d’un Eton à l’Indienne, d’une école très réputée fondée par un Français, Claude Martin. Celui-ci s’engage dans la compagnie française et pose le pied en Inde sans le moindre sous. Il se lance dans le commerce, devient le conseiller de plusieurs roi, dont le Nawab de Lucknow et devient immensément riche, la compagnie reconnait ses mérites en le faisant major général. Richissime, Claude Martin devient aussi un grand bienfaiteur. Il donne aux églises et fait bâtir des établissements scolaires à Lyon, Calcutta et surtout Lucknow, qui portent le nom de La Martinière. Ces établissements, lorsqu’ils sont en Inde, sont organisés en maisons dans lesquels sont placés les élèves. La scolarité y est à l’anglaise, avec un office anglican le matin, du sport etc. Le lieu lui même est magnifique, à la mesure de l’homme qui l’a fait bâtir. En l’explorant, on découvre un peu plus des traditions de cet établissement: les meilleurs élèves ont leurs noms gravés sur les marches, ils vont fréquemment prier pour l’âme de Claude Martin dans la crypte où il repose. Ces élèves sont les futurs élites du sous-continent, et beaucoup se sont déjà illustrés dans les arts, la politique, ou les sciences, comme le montrent les nombreuses stèles dans tout l’édifice, nombre d’entre eux sont tombés dans les deux guerres mondiales et durant la révolte des Cipayes. Les photos:


Lucknow, c’est enfin un vrai délice culinaire, surtout pour ses kebabs: Tunday Kebabi, que tout le monde connait, est vraiment un passage obligé. Juste à côté, à droite quand on est en face du restaurant, il y a un stand de pans, ces feuilles de bétel farcis à .... plein de choses! Lucknow est reconnue pour ses pans, et à ce stand, on en aura aux fruits et aux noix, voire au chocolat. 

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé mon passage ici, nous partons désormais pour Calcutta, d’où nous trouverons un internet café pour poster ce message!

Le 21 juillet 2012.

dimanche 21 juillet 2013

Delhi et Agra

Le 18 juillet 2013.

Delhi

India Gate, l'arc de triomphe pour les (nombreux) indiens morts durant les deux guerres mondiales. 

J'ai vécu six mois à Delhi et, bien que beaucoup trouvent cette ville de 24 millions d'habitants étouffante, j'ai réellement apprécié mes quelques mois de stage. La ville a un charme toujours renouvelé, on y trouve toujours, dans des endroits complètement perdus, des petits joyaux architecturaux des différents empires qui s'y sont succédés, des coins sympathiques où se promener, se cultiver. La vie artistique y est également d'un niveau très bon, car Delhi n'est pas uniquement une capitale administrative, mais aussi une capitale culturelle. Pour la plupart des voyageurs néanmoins, Delhi n'est qu'une étape vers d'autres destinations comme le Rajasthan, ou encore Agra, dont il sera question plus loin, pourtant, ici, il y a beaucoup à voir et à faire, et à apprendre sur ce pays à travers sa capitale de classe internationale, au métro bien meilleurs que celui de Paris et aux rues bien propres. 

C'est en effet aussi à Delhi que vous verrez les plus grands écarts de richesse, avec des miséreux qui ne mangent que du riz et des gens assez aisés pour aller manger des glaces à 15€ à Saket (Select city walk, un grand centre commercial où on peut manger du bœuf et acheter des articles chics à des prix faibles; si vous voulez du cuir, sachez qu'un blouson en peau d'agneau vaut 4000INR à Russian Market, Chanakyapuri). En remarquant l'étalage de richesse dans le shopping mall de Saket, et en songeant sans doute aux écarts sociaux et géographiques assez incroyables que nous avions vus lors des précédentes étapes de notre périple, mon camarade et collègue m'a demandé "comment ce pays fait-il pour ne pas imploser? Comment les chauffeurs de Rickshaw font-ils pour ne pas être tentés par l'émeute, eux qui ne gagnent que 300 INR par jour en moyenne?". Peut être est-ce dû au fait que pour l'instant, la croissance est encore perçue comme pouvant profiter à tout le monde, et beaucoup de nouveaux riches insupportables pullulent dans les principales villes du pays. Si cette croissance folle devait ralentir, et si l'État ne s'arrangeait pas pour en faire profiter tout le monde plus rapidement, il est à parier que l'Inde devrait où imploser, ou exploser.

Select city walk, Saket.
Quant à nous, nous sommes arrivés le 12 au soir et nous sommes allés à l'hôtel Anoop, que nous déconseillons, pour plusieurs raisons, dont les punaises de lit. Après une courte nuit, nous sommes allés dans le vieux Delhi, aussi appelé Purani Dilli, ou Shahjahanabad. C'est la ville moghole, celle qui vit au rythme de ses minarets et dont les ruelles étroites sont le théâtre d'un spectacle quotidien et dantesque d'hommes, de marchandises, de bœufs et de singes qui se disputent bruyamment les rues où de rares véhicules motorisés osent s'aventurer et viennent fatalement s'engluer. Outre l'ambiance, les vieilles bâtisses et les restaurants, dont Karim's à côté de la Jama Masjid, et la bouffe de rue (qui rend malade une fois sur trois, mais qui vaut le détour), on y vient surtout pour le fort rouge, qui bien que plus modeste que celui d'Agra, se défend très bien, et pour la grande mosquée, Jama Masjid. L'autre chose à faire, aller à Chandini Chawk est découvrir les différents bazars, d'acheter soie et objets d'art, voire or et bijoux. 

La grande mosquée.

La grande mosquée, vue depuis Mina Bazar. 

Le fort rouge.

À l'intérieur du fort. 
À côté de la station Kashmiri Gate, les murailles de la vieille ville offrent une promenade calme, ou le contraire, ça dépend de la chance qu'on a.
Le 14 juillet et fatalement, en bons patriotes en manque de jambon, de bon vin et désireux de revoir nos collègues, nous sommes allés à la garden party à l'ambassade après une messe à la nonciature apostolique (Chanakyapuri, à côté de la station de pétrole à côté d'Ashoka Hotel, sur Niti Marg - ce que vous devrez dire si vous voulez prendre un Rickshaw, messe à 10 heures dans un anglais compréhensible). Ce fut l'occasion de revoir des gens auxquels nous tenons fortement autour de bons produits curry-free. Après cela, direction le sud de New-Delhi (appellation qui désigne la ville britannique et celle qui suit l'indépendance) et Qutb Minar, l'ensemble de mosquées, de mausolées et de tombes construits autour de la tour de la victoire que les Sultans de Delhi ont fait construire en envahissant le nord de l'Inde. 

La porte du site. 

Le minaret de la victoire. 

La tombe du roi Qutb. 
Après cela, place au shopping, à Select City Walk, à Saket, à 2 km de Qutb Minar, puis retour dans le centre de New-Delhi, à Connaught Place, pour les boutiques d'artisanat et la promenade autour de cet immense place commerciale. La journée qui suivit fut consacrée à Agra, et est traitée plus bas. 

Le jour d'après, nous sommes allés au bureau, à l'ambassade. Quelle joie de retrouver ses collègues, d'aller manger à Khan Market en souvenir du bon vieux temps! Nous sommes ensuite allés à la tombe d'Humayun, cette tombe est celle qui a inspiré le Taj Mahal, et avec son magnifique jardin, elle vaut le détour. La dernière journée fut consacrée aux collègues, à la flânerie à Hauz-Khas, une enclave villageoise en plein Delhi devenue un lieu prisé par les designers, artistes et par les bobos. Puis ce fut le train et le départ pour Lucknow, la ville d'or et d'argent. 

La tombe d'Humayun.

Lodi Garden, un ensemble de mausolées dans un jardin construit par les britanniques pour le préserver. 

Lodi Garden.

Lodi Garden. 

Mon ancien lieu de travail.

Hauz-Khas. 

Agra

Gare d'Agra.


Pour Agra, capitale éphémère de l'Empire Moghol à son apogée, nous avions décidé de consacrer une journée: nous sommes partis le 15 au matin et sommes revenus le même jour au soir. Il y a un train qui fait le trajet en 2 heures, le Bhopal Shatabhdi Express, qui part à 6 heures de Delhi et repasse à 20h30 le soir à Agra. Prenez la 1ère AC, elle correspond sur les trains de jour à une classe assise, mais où l'on est servis comme des rois!

Arrivés sur place, nous avons délaissé les taxis et sommes allés au Taj Mahal. J'ai été ravi de voir que la beauté du lieu ne cessait d'opérer sur moi. C'est un bâtiment irréel à tous égards, conçu comme une vision terrestre du paradis, il partage au moins avec le séjour des saints la beauté et la paix (pour peu qu'on y aille tôt pour éviter les autres touristes et les faux guides collants).

Lecteur, vous connaissez l'histoire: sa majesté est en deuil après la mort de sa troisième femme, rappelée à Dieu lors de la mise au monde de son quatorzième enfant, il souffre, il invite le plus brillant architecte de Perse et lui offre carte blanche pour construire un bâtiment immense qui exprime à la fois son amour et sa douleur. Pour être sûr que l'architecte arrive à deviner ces sentiments de douleur qui suivent la perte de l'être cher, il fait égorger devant celui-ci sa fiancée. Ces deux hommes que la douleur a fait frères, vident les caisses du royaume pour construire une des plus grandes merveilles du monde. Le roi fini d'ailleurs emprisonné par son propre fils pour ce bâtiment.

Le Taj Mahal; une légende était-elle nécessaire? 

Le Taj vu du fort rouge.

Vue de la porte principale depuis le Taj.

Après le Taj, le Fort rouge, une autre merveille témoin de la grandeur de l'empire moghol à son apogée. Le lieu comprend seize palais et si les guides vous répugnent, prenez un audio-guide très bien qui vous révélera les histoire les plus épiques qui se sont produites dans ce lieu.

Porte du fort.


Palais. 

L'après midi nous avons pris un taxi pour Fatehpur Sikri, une ville très éphémère qui a été la capitale d'été d'Akbar, le plus célèbre des empereurs moghols. Le site aligne une succession de palais et une grande mosquée où le conseillé d'Akbar, devenu depuis saint soufi, repose. 





Voilà pour ce qui est du séjour à Delhi, nous partons désormais pour Lucknow, une capitale bien souvent oubliée dans les guides de voyage, mais dont on m'a dit qu'elle était magnifique!

vendredi 19 juillet 2013

Le Rajasthan (Jaipur, Amber)



12 juillet 2013.

Nous venons de passer quelques jours à Jaipur. Baudelaire disait que le beau avait aussi quelque chose de bizarre. Belle et étrange, c'est ainsi que nous avons trouvé Jaipur et Amber. Les deux villes que nous avons vu était proprement magnifiques, quoique de style très différents.

Jaipur tout d'abord, qui n'est pas une "vieille" ville puisqu'elle a été bâtie au 18ème siècle (l'ancienne capitale Rajput était à Amber). La vieille ville est construite sur un plan en damier et ceinte de murailles. Une peinture rouge à motifs blancs vient donner une unité architecturale à l'ensemble. De grandes et larges rues découpent la ville en blocs et plusieurs passages permettent d'accéder à un dédale de ruelles, de marchés, de temples et de mosquées que camouflent les façades extérieures de chaque "bloc", rouges donc.

Une des portes de la ville. 
Les ruelles valent vraiment le détour.

Une maison à l'intérieur d'un bloc.


Marché.

Temple dans une ruelle, n'hésitez pas à rentrer. 
Nous avons vu le palais des vents, le gynécée du Raja, qui abritait les épouses légitimes du souverain. Celles-ci intriguaient pour placer leurs enfants à des hauts postes, vivaient recluses dans un palais possédant un système de ventilation très élaboré que votre serviteur a pu tester en le visitant, et pouvaient voir la rue sans être vues, mais en cas de décès du souverain, elles devaient se jeter sur le bûcher de leur mari...




Le Jantar Mantar est également très beau, il s'agit d'un ensemble d'instrument astronomiques. On dirait des sculptures monumentales de style 1960 en y rentrant, avant de se rappeler que l'ensemble a trois siècles! Les instruments, tous plus étranges les uns que les autres, avaient une fonction précise. L'énorme cadran solaire donnait l'heure à 3 secondes près. 


Le palais de la ville, encore propriété du Maharadja est un autre point central de cette cité. Il est assez modeste mais on apprend beaucoup sur l'histoire de cette riche cité et le rôle de ses souverains, avant comme après l'indépendance. 



L'autre point à la fois charmant et isolé que nous avons trouvé est Gaitor, la nécropole royale. Hindous, les rois se faisaient incinérer avec leurs épouses vivantes, et sur les lieux de leur crémation, se faisaient construire des monuments de marbre.



L'endroit que j'ai trouvé le plus irréel et enchanteur - c'est peut être l'adjectif qui caractérise le mieux la région- est le Jal Mahal, sur la route d'Amber à Jaipur. Il s'agit d'un palais construit sur un lac artificiel, conséquence d'un barrage qui garde la ville de la sécheresse. 

Après Jaipur, nous sommes allés à Amber, l'ancienne capitale, nichée dans la montagne, à quelques kilomètres de Jaipur. L'endroit est absolument sublime, et outre l'impressionnant fort/palais d'Amber, nous avons vu la forteresse qui la surplombe (encore aux mains du maharadja) et surtout la vieille ville où temples antiques et maisons abandonnés côtoient quelques maisons encore habitées. L'ambiance y est absolument merveilleuse et les vues sont superbes.

Le fort d'Amber, ascension.

Jardins flottants à Amber. 

À l'intérieur du palais. 

Vue depuis la forteresse: le fort à droite en bas et la vieille ville d'Amer. On accède à la forteresse par un tunnel, puis une tranchée, puis une route de montagne d'un kilomètre. 



Vue de la vieille ville.

Temple dans la vieille ville. 


Nous avons séjourné à l'hôtel Sunder Palace que je vous recommande chaudement, autant pour le prix très bas que la situation et la qualité du service!