mardi 9 juillet 2013

Le Gujarat (Rann de Kutch et Ahmedabad)

Nous quittons le Gujarat ce soir, avec pour destination le Rajasthan et Jaipur. Du Gujarat, nous avons vu le Rann de Kutch (un désert, des montagnes et un désert de sel) et Ahmedabad. Nous gardons de cette étape des souvenirs de déserts, de musulmans, de Jains et d'hindous, d'art indo-musulman, en n'oubliant pas que dans cette région très cosmopolite et très conservatrice, de terribles affrontements ont eu lieu en 2003, faisant au moins 2000 morts. La région, boudée par les touristes, vaut vraiment le coup, elle est belle et élégante à Ahmedabad, terrible dans le Rann de Kutch par son immense désert de sel.

Le Rann de Kutch

Prag Mahal, Bhûj.

Après un train de nuit, nous sommes arrivés à Bhûj, la capitale du district de Kutch, et nous avons visité une ville très belle, connue surtout pour son complexe de palais, le Prag Mahal. Bhûj est une petite ville, son petit centre est assez sympathique et c’est ici que l’on peut acheter l’artisanat de Kutch, très riche en couleurs, et spécialisé dans le travail du tissu. Nous sommes restés à l’hôtel Mangalam qui est un très bon hôtel du coin (vraiment pas cher compte tenu de la situation, au bout du monde).
Le marché municipal de Bhûj.

Maison touchée par le séisme. 

Bhûj depuis les tours du Prag Mahal.


Nous avons également et le jour suivant visité Mandvi, une petite station balnéaire connue pour sa plage, son superbe palais d’été et ses chantiers-navals. Ceux ci construisent les boutres de tout le monde musulman.
Boutre en construction, Mandvi. 

Le Palais de Mandvi.


Le troisième jour nous avons été dans le Rann lui même. Il faut un taxi et je vous recommande Bilal, qui se loue à 1800/2000 INR la journée, qui est très sympa, parle un peu mieux l’anglais que les autres (c’est à dire qu’il connait quelques mots et c’est déjà énorme), il connait le coin comme sa poche et il est très à l’aise dans les différents villages (peuplés par des tribus très chaleureuses venues de tout le monde musulman). Son numéro: 00 91 98258 2677.

La mer de sel depuis les Black Hills.


Le Rann de Kutch est magnifique, on passe de la savane à des reliefs volcaniques très beaux. La mer de sel a été une expérience incroyable et totalement nouvelle. Le seul problème est que nous n’avons pas pu y aller (il avait plus et le désert formé d’un sol et de blocs de sel devient alors un marécage) et que nous l’avons admiré depuis le sommet de la réserve des Black Hills, c’était vraiment magnifique de voir une étendu immaculée s’étendre à l’horizon en se détachant brutalement du désert. Les Blacks Hills permettent aussi de voir la faune locale (Hyènes, chacals, dromadaires sauvages).

Le problème du Rann: aucun guide n’en parle alors que c’est magnifique. Le Routard se contente d’une phrase sans verbe et le Lonely Planet, s’il est plus exhaustif, reste quand même assez succinct. Le mieux est de prendre une brochure à l’hôtel qui révèle alors l’étendue du patrimoine naturel et historique qui peuple la région, de son artisanat «bizarre» et beau.

Ahmedabad.

Mosquée de Sidi Said, moucharabié, pierre.


Ahmedabad est la capital du Gujarat, 6 millions d’habitants, une ville en pleine expansion, capitale du textile qui a fait sa croissance au XIXème siècle et une conversion réussie dans l’industrie lourde mais aussi le design (c’est une ville majeure dans ce domaine dans le sous continent).

Porte dans la ville.

Jama Masjid.

Il faut dire que, côté design, la ville s’est toujours très bien défendue, fondée par un sultan nommé Ahmed Shah (qui a donné son nom à la ville), la vieille ville a toujours su faire la synthèse des arts musulman et hindou. La visite de la vieille ville promet des moments assez inoubliables, avec ses mosquées, ses mausolés de rois et de reines auprès desquels les indiens viennent se recueillir, ses palais (il faut aller voir Sarkhaj, le complexe de mosquées et de palais, en plus de la vieille ville). On trouve aussi dans la région un certain nombre de puits, qui sont sacrés ici, et qui sont sculptés de manière titanesque pour un point d’eau avec des galeries suspendues auxquelles on accède par des passerelles étroites (ceux qui ont le vertige s’abstiendront), et des escaliers qui descendent aux puits. Les deux plus importants dans les environs sont Adalaj (world heritage) et Dada Hari (plus discret, où les apports architecturaux hindous sont plus prononcés que dans le précédent).

Intérieur de la Jama Masjid.

Dada Hari, le réservoir. En bas les marches qui descendent au puit, à chaque étage, une allée supplémentaire. Passerelle sur le côté, faire attention.

Depuis le bas du puit.


L’Ahmedabad contemporain n’est pas dénué d’intérêt. En plus des monuments de Le Corbusier, il faut aller voir l’Ashram de Gandhi, qui en dit long sur la figure que l’homme est devenu, à qui on voue un culte de la personnalité (on vénère chacune de ses décisions politiques) qui confine vite à l’idolâtrie de l’homme. Le Gujarat est en effet la région de Gandhi. On ne doit pas non plus louper le musée privé de la Calico, qui en plus de l’architecture et des paons dans le jardin, permet aussi de voir des chef d’œuvre d’artisanat, le musée se visite sur rendez-vous et affiche un élitisme décomplexé («on a aucune envie d’aller chercher le misérable par la main pour lui montrer des choses auxquelles il ne comprendra rien», «on ne veut que des petits groupes d’amateurs qui ne viendront pas jeter des bouteilles vides dans le jardin»).

Ahmedabad n’est pas très courue par les touristes, mais elle vaut vraiment le détour, surtout si on aime les palais à l’architecture envoutante.

L’hôtel très bien et pas cher où nous sommes restés, l’hôtel Volga, tout près de Sidi Saed Masjid.

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