Le 20 juin 2013.
Pour quiconque veut visiter le Karnataka, Bangalore sera surement une étape obligée. Je vais de Thanjâvur à Hampi et j’ai donc à faire un transit d’une journée dans cette ville. J’ai décidé de loger à l’hôtel Canopy (650INR chambre simple, 850INR avec AC) qui est un très bon hôtel tout neuf. Les chambres sont superbement décorées et pas kitch du tout, il propose en outre un très grand nombre de services et est situé à proximité immédiate de la gare «Bangalore city junction» qui est le principal point de départ des trains nationaux. Il est de plus situé au centre de la ville et à proximité immédiate des lieux importants. Dans une ville qui explose et où la circulation est toujours bouchée, c’est un avantage incontestable, d’autant plus que les rickshaws sont hors de prix (minimum 1 euro, scandale). La municipalité a décidé de construire un grand métro dont les chantiers sont visibles un peu partout, mais ça n’a pas l’air d’être pour tout de suite.
| Une chambre simple à l'hôtel Canopy... |
Le principal intérêt de Bangalore, c’est sa situation. À 1000 mètres de hauteur, il fait constamment frais et après avoir passé deux semaines à cuire dans le Tamil Nadu, ça ne peut faire que du bien.
On surnomme Bangalore «la ville aux jardins», ce qu’elle était autrefois. Mais malgré deux magnifiques parcs, dont un construit par le souverain moghol et poursuit par les britanniques et un autre parc, issu quant à lui du colon, et qui sont deux visites obligatoires, il ne reste que peu de choses de cette verdure, tant la capitale du Karnataka pousse vite. Par ailleurs, s’il y a beaucoup de loisirs modernes (shopping malls, restaurants et boites de nuit), il n’y a que peu de lieux historiques et à part si on veut aller danser, je pense qu’une journée suffit largement pour découvrir la ville. Les habitants parlent le Canada, une langue dravidienne proche du tamoul, si bien qu’en parlant en tamoul, mon interlocuteur me comprenait et répondait dans sa langue que je comprenait également. En cas de difficulté, il me suffisait de passer à l’hindi que la majeure partie de la population entend.
La capitale historique du Karnataka n’est pas Bangalore, mais Mysore, qui est quant à elle une cité chargée d’histoire; je regrette de ne pouvoir aller la voir, mais c’était ça ou Hampi...). Bangalore à ses débuts n’était qu’une citadelle de l’Empire Vijayanagar (dont la capitale était à Hampi, justement). La conquête moghole la transforme en résidence d’été du Sultan, qui règne depuis Mysore. De cette période, reste un palais que l’on peut encore visiter. Les sultans de Mysore, aidés par leurs alliés français et équipés de fusées dont la tête était remplie de lame de rasoirs, repoussèrent les anglais durant deux guerres à la fin du XVIIIème.
Leur empire était moderne et prospère. Ils finirent toutefois par céder aux britanniques qui convoitaient des terres fertiles. Ce sont ces anglais qui investissent massivement la ville, y installant des fonctionnaires, et y construisant des monuments. La République Indienne poursuit le projet anglais en faisant de la ville la capitale de l’État du Karnataka. Les guerres avec le Pakistan poussent l’Union Indienne à installer ses industries militaires à Bangalore, puis le développement et une politique de formation bien menée en fait la ville du High Tech, vitrine du développement à l’indienne mais aussi de ses problématiques (insuffisance des politiques d'infrastructure, pollution, migrations incontrôlées et explosion urbaine etc.).
| Le souverain avait une telle haine des anglais qu'il s'est fait offrir un orgue mécanique en forme de tigre (son emblème), mangeant un officier britannique. L'instrument joue son hymne national... |
Leur empire était moderne et prospère. Ils finirent toutefois par céder aux britanniques qui convoitaient des terres fertiles. Ce sont ces anglais qui investissent massivement la ville, y installant des fonctionnaires, et y construisant des monuments. La République Indienne poursuit le projet anglais en faisant de la ville la capitale de l’État du Karnataka. Les guerres avec le Pakistan poussent l’Union Indienne à installer ses industries militaires à Bangalore, puis le développement et une politique de formation bien menée en fait la ville du High Tech, vitrine du développement à l’indienne mais aussi de ses problématiques (insuffisance des politiques d'infrastructure, pollution, migrations incontrôlées et explosion urbaine etc.).
| Intérieur du palais du sultan. |
J’ai visité ce matin le palais du Sultan qui est particulièrement beau, quoique modeste de taille (les anglais arrivèrent tout juste quand la première partie du monument fut achevée).
Le marché, à 500m, situé à proximité immédiate des restes du fort (également intéressants) offre l’occasion d’une immersion dans des petites ruelles qui sentent les épices.
Puis ce fut Lal Bagh, le magnifique jardin botanique, un vrai régal et un havre de paix dans un pays essentiellement bruyant et chaotique.
Je suis ensuite allé dans un shopping mall pour manger; et cela peut paraître stupide mais c’est toujours très instructif de voir la vie idéale à l’occidentale désirée par les classes moyennes supérieures indiennes. Par ailleurs, on y trouve de la viande de bonne qualité (qui ne rend pas malade) et après deux semaines végétaliennes, c’était devenu pour moi un impératif catégorique.
Après cela, il fallut voir Cubbon Park, l’autre parc, sympathique, entouré de monuments officiels issus des anglais ou de l’Inde de l’après indépendance, dont le kitchissime siège du gouvernement, avec l’impayable devise sur son fronton, d’autant plus drôle quand on connait un peu le pays...
Je loupe juste la cathédrale de l’Enfant Jésus, qui paraît-il est magnifique. Mais il me faut dans l’immédiat recharger portable et batterie d’appareil photo, les sauvegarder, faire mes valises, manger et partir pour Hampi.
Fort bien. Mon passage à Bangalore devrait avoir un format similaire (une trentaine d'heures à passer avant de décoller) et je vais tâcher de passer par tous les points d'intérêt ici mentionnés.
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