mercredi 19 juin 2013

Chennai


Le 16 juin 2013.
Chitlapakkam, vendeurs de mangues.

Mon expérience de Chennai (ville dans laquelle je retourne souvent) a toujours été extrêmement positive. D’une part parce que malgré le climat étouffant et la surpopulation  qu’on finit par sentir assez vite, la vie y est douce et les gens extrêmement gentils, d’autre part parce que, contrairement à ce que l’on peut croire, la ville offre au voyageur beaucoup d’opportunités.


En effet, pour la plupart des voyageurs, Chennai est un lieu de transit, et de fait, c’est le noeud ferroviaire, routier, aérien et maritime (on peut rejoindre les îles Andaman) du sud du sous-continent. La ville est bruyante, surpeuplée et grouillante et beaucoup ne rêvent que d’une chose, c’est d’en partir le plus vite possible. Ce que la plupart des gens oublie, c’est que Chennai  (anciennement Madras) est la capitale du pays Tamoul, capitale économique et commerciale, mais aussi capitale culturelle connue pour ses studios de cinéma (Kollywood) ou encore pour sa scène de danse (classique et contemporaine), et de musique classique indienne (la musique carnatique), parmi les plus actives et les plus innovantes du pays.

C’est pendant la période allant de décembre à janvier que la culture est la plus vivante à Chennai, c’est en effet la période des grands festivals. Vous pouvez aussi vous amuser à aller voir un tournage de cinéma. Et même si je n’ai pas d’image - la caméra n’est pas autorisée- je vous assure qu’aller voir une baston façon Kollywood vaut la peine...

Chennai regorge aussi de lieux à intérêt culturel et touristique. On peut prendre l’exemple le Marina Beach, une plage de deux kilomètres de long où une ballade le soir sera des plus agréables. En remontant vers le nord, vous verrez plein de bâtiments coloniaux plus ou moins élégants. Parmi les plus beaux, on pourra retenir la High Court à Chennai que l’on peut visiter avec un policier pour guide qui connait assez bien les lieux et vous parlera de son histoire, de son rôle etc. Pour pouvoir y accéder plus facilement, faites un énorme compliment sur la grandeur de la glorieuse nation indienne et sur son droit exemplaire, et également sur le divin Ambedkar, qui a écrit la constitution. Vous ne pourrez que plus facilement prouver votre bonne foi à ces gardes très patriotiques mais aussi assez paranos depuis les vagues d’attentats. Un autre lieu qui vaut le coup est le fort Saint-Georges, citadelle à la Vauban abritant des vieux et des moins vieux bâtiments qui servent de Q.G à l’armée indienne (attention, les appareils photos sont interdits pour cette raison!) ainsi qu’une chapelle assez sympa, première église anglicane de Chennai.


La High court
Marina Beach le soir.


A proximité immédiate du vieux fort, j’ai également beaucoup apprécié les quartiers de Georgetown et China Bazar (oui, il y a eu des chinois dans cette partie du monde sous l’Empire). Rien de particulier en soi, mais c’est l’Inde éternelle, avec ses ruelles grouillantes, où vaches, piétons et véhicules se bousculent et se partagent la chaussée, ses temples et ses mosquées, ses pèlerins, et ses boutiques.

Georgetown, China Bazar.

Si vous aimez le moins neuf et le plus spirituel, sachez que Madras vous comblera. Concernant les temples hindous, vous en trouverez de toutes les tailles dans toute la ville. Le plus impressionnant est sans doute celui de Kapaleshwarar à Mylapore (à deux pas de la station Thirumayilai, sur la ligne Beach/Vellachery).

Kapaleshwarar Kovil.

Madras brille aussi par la richesse de son patrimoine chrétien. C’est en effet ici que St Thomas (celui du «mon Seigneur et mon Dieu!») mourut, transpercé par une lance au sommet d’une colline portant désormais son nom («St Thomas Mount», une station de métro éponyme la dessert). Après une ascension en chemin de croix, vous accéderez à une chapelle très belle. Les reliques y étaient avant les premières incursions occidentales, mais les portugais trouvèrent le lieu trop modeste pour un si glorieux apôtre et transférèrent les reliques dans une basilique bâtie au bord de la mer et à proximité immédiate de Marina Beach: «Santhome Basilica» à la station Thirumayilai, qui vaut le détour. Outre la possibilité de voir l’Eglise qui est assez atypique, vous pourrez également vénérer les restes de l’apôtre et le fer de lance qui l’a tué, vous aurez aussi l’opportunité de vénérer Notre Dame de Mylapore, devant laquelle St François-Xavier passait des heures avant chacune de ces missions d’évangélisation. La première Eglise catholique du pays, «Nuestra Señora de la Luz» est située tout à côté de la Basilique dans la rue «Luz». 

Santhome.

Notre Dame de Mylapore

Nuestra Señora de la Luz

Enfin, être à Madras, c’est profiter de tout ce que la ville a à offrir sur le plan commercial.  Vous trouverez à Mylapore les objets d’art du tamoul Nadu tout entier et à T.Nagar (station Mambalam sur la ligne Beach/Tambaram) toutes sortes de choses: le quartier de Mambalam est en effet immense, et outre les Lacoste et autres que vous trouverez à moindre prix, on y viendra surtout pour acheter des Saree et autres articles en soie (à Sri Kumaran par exemple), ou encore de l’or (pensez à GRT Thangamaligai) ou des bijoux, ou encore de l’artisanat (un peu partout). Le quartier, très animé, où on peut aussi goûter à toutes sortes de choses du sud, vaut vraiment le détour!

Mambalam

Achetons des soieries.

Mambalam.

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